La migraine touche plus d’une personne sur dix.(1) Si le mot migraine est utilisé comme un terme générique, il n’existe pourtant pas qu’un seul type de migraine. La migraine peut être épisodique ou chronique, avec ou sans aura. Ce sont les symptômes perçus et la durée des maux de tête (céphalées) par mois qui vont permettre de faire le diagnostic.(1,2)
Avant d’évoquer les différents types de migraine, il est important de noter qu’il n’existe aucun examen spécifique, tel qu’une analyse sanguine ou une radiographie, qui puisse être utilisé afin de diagnostiquer la migraine. Le diagnostic est clinique.(4)
La migraine épisodique et la migraine chronique sont deux types de migraine.
La migraine chronique est définie comme une céphalée survenant au moins 15 jours par mois depuis plus de 3 mois, ayant les caractéristiques d’une céphalée migraineuse au moins 8 jours par mois. Elle peut concerner aussi bien les migraineux sans aura que les migraineux avec aura.(1) La survenue d’emblée d’une migraine chronique est rare ; elle évolue le plus souvent à partir d’une migraine épisodique, dont la fréquence des crises augmente.(3)
Voici un tableau qui devrait vous permettre de différencier les migraines épisodiques et les migraines chroniques.(4,5)
| Migraine épisodique | Migraine chronique | |
|---|---|---|
| Nombre de jours de maux de tête (céphalées) par mois | < 15 jours | ≥ 15 jours |
| Nombre de jours de migraine par mois | - | Dont au moins 8 jours/mois répondant aux critères de migraine |
| Durée des maux de tête | - | Au moins 3 mois |
| Survenue d'emblée | Oui | Rare (migraine épisodique en amont) |
| Type de couleur | Généralement pulsatile souvent aggravée par les activités de routine (marche, montée des escaliers) et la lumière | |
| Intensité de la douleur | Modérée à sévère | |
| Unilatéralité | Généralement unilatérale | |
| Symptômes digestifs | Généralement nausées et/ou vomissements | |
| Symptômes sensoriels | Habituellement phonophobie (sensibilité accrue au bruit) ET photophobie (sensibilité accrue à la lumière) Fréquente osmophobie (sensibilité accrue aux odeurs) | |
Les migraines ne doivent pas être confondues avec les céphalées de tension. Les céphalées de tension sont habituellement associées à une sensation de pression sur le crâne, mais elles ne sont pas aggravées par l’activité physique de routine. Les symptômes digestifs et sensoriels sont très rarement rencontrés.(4,5)
La migraine peut être qualifiée de sévère lorsqu'elle répond aux critères suivants : (6)
HIT (Headache Impact Test) : échelle d’évaluation de l’impact fonctionnel induit par la migraine
Elle est caractérisée par au moins 5 crises de céphalées (mal de tête) qui durent entre 4 et 72 heures, si elle est mal traitée ou non traitée, et qui sont accompagnées d’au moins deux des caractéristiques suivantes : (1,2,7,8)
•unilatérales (un seul côté du crâne)
•pulsatiles (impression de sentir les battements du cœur dans la tête)
•modérées ou sévères (nécessité de se coucher)
•peut empêcher les activités physiques de routine ou être aggravées par ces dernières (comme monter les escaliers)
et associées à au moins une des manifestations cliniques suivantes :
•nausées et/ou vomissement
•photophobie (difficulté à supporter la lumière) et phonophobie (difficulté à supporter le bruit)
Parfois, la migraine est précédée de signes neurologiques annonciateurs appelés « aura », elle se caractérise par : (1,2,7,8)
•des symptômes visuels : points lumineux, tâches colorées, perception déformée des objets, vision floue ou perte d’une partie du champ visuel
•des symptômes sensitifs : picotements des doigts et/ou des lèvres
•des troubles de l’élocution et du langage : difficulté à trouver le mot juste, sensation de manque de mots
•des troubles de l’équilibre et/ou des vertiges
qui apparaissent progressivement en quelques minutes et peuvent durer de 30 minutes à 1 heure. La migraine survient plus tardivement et l’aura disparaît alors totalement. La migraine avec aura est trois fois moins fréquente qu’une migraine sans aura. (7)
Liste non exhaustive :
•La fréquence des jours de maux de tête
•La dépression
•La surconsommation de médicaments de crise
•Un traitement de crise inadapté
•Le fait d’être une femme
•La consommation excessive de café (9)
•Des évènements traumatiques
•L’asthme et d’autres pathologies respiratoires
•L’insomnie
•Les nausées persistantes/fréquentes avec migraine
•L’obésité
Les mécanismes de la migraine commencent à être bien connus même s’il reste encore de nombreuses questions non résolues.(10)
La douleur de la crise migraineuse est secondaire à une inflammation et une dilatation des vaisseaux cérébraux et notamment des artères des méninges (les enveloppes du cerveau). Cette inflammation et cette dilatation sont provoqués par une stimulation nerveuse - l’activation du système trigémino-vasculaire - qui permet au système nerveux de contrôler le tonus de nos vaisseaux cérébraux. Il s’agit donc d’un phénomène neuro-vasculaire.(10)
Ces phénomènes transitoires peuvent se répéter chez les personnes migraineuses du fait d’une prédisposition d’origine génétique (et pas forcément héréditaire, c’est-à-dire non transmissible à d’autres générations) associée à une excitabilité cérébrale différente des personnes non migraineuses. Cette prédisposition entraîne une vulnérabilité à de nombreux facteurs déclenchants. Le seuil de déclenchement est variable selon la sévérité de la migraine et modulable par d’autres facteurs comme les hormones féminines et l’état émotionnel.(10)
Facteurs hormonaux :
chez la femme, la diminution
brutale du taux d’estrogènes en
fin de cycle menstruel peut
entraîner une migraine dite
cataméniale ou menstruelle. Si la
migraine cataméniale « pure »
est rare, une migraineuse sur
trois a des crises menstruelles
associées à d’autres crises en
dehors de la période des règles.
Il ne faut pas confondre les facteurs déclenchants et les prodromes qui sont des signes avant-coureurs de la crise : bâillements, asthénie, raideur cervicale, sensation de faim impérieuse… (4)
Référez-vous en urgence à un professionnel de santé en cas : de maux de tête (céphalées) à début brutal en coup de tonnerre, d’aggravation récente, de fièvre associée sans cause générale, de signes neurologiques, de symptômes évocateurs d’une intoxication (monoxyde de carbone en particulier) ou d’un contexte d’immunosuppression. (11)
Les liens entre migraine et hormones sont étroits. En effet, chez la femme, les crises migraineuses débutent souvent à la puberté, sont plus fréquentes lors des règles, diminuent généralement lors de la grossesse (excepté pour les migraines avec aura) et après la ménopause. (12)
Elle est définie comme la survenue de crises deux jours avant à deux jours après le début des règles sur au moins deux cycles menstruels sur trois, et à aucun autre moment du cycle. Les crises menstruelles sont le plus souvent sans aura, plus longues, plus invalidantes, plus souvent associées à des nausées et répondent moins bien au traitement de crise. (12)
L'influence de la contraception sur la migraine est très variable d'une femme à une autre. (13)
La contraception orale n'est pas de principe contre-indiquée chez les femmes migraineuses. (13)
Toutefois, la contraception orale estroprogestative est contre-indiquée chez les femmes de moins de 35 ans souffrant de migraine avec aura. Une contraception orale purement progestative ou un autre moyen contraceptif doit être privilégié. (13)
La migraine peut être traitée pendant la grossesse et l’allaitement mais vous ne devez pas avoir recours à l’automédication, certains médicaments sont contre-indiqués pendant cette période. (11)
La migraine s’améliore généralement pendant la grossesse, et ce chez 60 à 70 % des femmes. Cela est lié à l’augmentation du taux d’estrogène dans le sang. Toutefois, certaines femmes peuvent continuer à souffrir de migraines pendant toute la grossesse, et, chez une petite proportion d’entre elles, les migraines s’aggravent. (14)
La migraine ne modifie pas l’issue de la grossesse mais elle est associée à un risque accru d’hypertension gravidique et de prééclampsie. (12)
FR-NEUM-250001 - 03/2026