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DOSSIER : Quotidien Hépatite C

Hépatite C et alimentation : conseils et astuces pratiques

Au cours d’une hépatite C, une alimentation adaptée peut contribuer à protéger le foie, réduire les effets indésirables des traitements, améliorer la qualité de vie et éviter l’apparition d’une dénutrition ou de carences. En revanche, l’on ne sait pas encore si une alimentation non saine peut aggraver l’évolution d’une hépatite virale C. 1

Protéger le foie

Le foie joue un rôle essentiel pour l’organisme. Il transforme les macronutriments contenus dans les aliments en substances nécessaires au bon fonctionnement du corps. Il convertit les glucides (sucres) en glycogène, les lipides (graisses) en triglycérides, et stocke l’énergie ainsi produite pour la restituer en cas de besoin. Il assure la fabrication de protéines sanguines importantes, parmi lesquelles l’albumine, l’hémoglobine et celles nécessaires au processus de la coagulation. Mais son rôle ne s’arrête pas là puisqu’il tient aussi le rôle de filtre, capturant et transformant ou éliminant de nombreuses toxines, et celui de réservoir de vitamines. Enfin, il fabrique la bile qui contribue à la digestion. Le foie a donc une grande influence sur notre état nutritionnel et son mauvais fonctionnement peut être à l’origine de perturbations importantes. 2

La base de l’alimentation : variez les plaisirs !

Si votre hépatite C n’est pas à un stade avancé et que vous n’avez pas de maladie associée, aucune exclusion alimentaire (en dehors de l’alcool) n’est nécessaire. Les règles d’une alimentation saine et équilibrée, valables pour l’ensemble de la population, le sont aussi pour les personnes porteuses du virus de l’hépatite C. Si les recherches ont montré que les besoins énergétiques sont plus élevés chez ces dernières, une alimentation équilibrée et adaptée à l’activité physique permet d’obtenir un bon état nutritionnel. 1 L’alimentation doit donc être variée et contenir fruits et légumes, céréales, lait et produits laitiers, viandes et poissons ou œufs. 1

En dehors de situations particulières que votre médecin vous indiquera et prendra en charge, il n’est pas nécessaire de limiter l’apport en protéines. Les sources de protéines peuvent être animales (viandes, poissons, œufs, lait etc.) ou végétales (haricots, lentilles, tofu). Pour les glucides, aucune restriction particulière non plus, en dehors là aussi de cas particuliers. Le sucre devrait représenter 10 % des apports énergétiques, ce qui correspond à 50-70 g par jour. Il n’y a pas de restriction pour les matières grasses non plus, mais il ne faut pas négliger les apports en acides gras insaturés, constitués principalement par les huiles qu’il est recommandé de varier (2 à 3 cuillères à soupe par jour). 1, 2

Les fruits et légumes sont indispensables. Variez les choix, préparez-les de diverses façons (soupes, gratin, crus, en papillotes, etc.). Choisissez-les de couleurs variés.3

Pour les viandes, volailles, poissons, œufs, etc. mangez l’un de ces aliments à chaque repas, voire 2 fois par jour en cas de perte de poids. Une portion de protéines est fournie par 75 g de viande, de poisson ou volaille, ou une tasse de légumineuses, ou 2 œufs. Le poisson est recommandé 2 fois par semaine. 2, 3

Les vitamines et les sels minéraux sont normalement fournis par une alimentation variée et de bonne qualité. Certaines personnes pensent bien faire en prenant des suppléments vitaminiques ou des produits à base de plantes qui seraient « bons pour le foie ». Aucune plante n’a fait jusqu’à présent la preuve de son efficacité pour guérir de l’hépatite C et certaines ont au contraire des effets nocifs sur le foie. Quant aux suppléments vitaminiques, s’ils peuvent parfois être utiles, ils doivent être recommandé par votre médecin ou votre diététicienne. Ne prenez aucun complément de ce type sans avoir auparavant demandé l’avis d’un professionnel. 1

Buvez chaque jour 1,5 litre, sous forme d’eau, de tisanes, thé, café, bouillons de légumes(3). Quant à l’alcool, sa consommation semble favoriser la progression de l’hépatite virale C chronique et rien n’indique qu’une certaine quantité d’alcool serait « inoffensive » : c’est pourquoi il est recommandé de s’abstenir totalement d’en consommer.1

Enfin, surveillez votre poids. Une perte de poids de plus de 10 % justifie que vous preniez l’avis de votre médecin.1

Adaptez votre alimentation selon votre situation

L’hépatite C ou son traitement peuvent être à l’origine respectivement de symptômes et particulièrement d’une perte d’appétit. En ce cas, fractionnez les repas, c’est-à-dire mangez en plus petites quantités mais plus souvent dans la journée, variez les saveurs et buvez des jus de fruit ou des boissons enrichies plutôt que des boissons non caloriques. 2

Il arrive que le goût des aliments soit altéré en cas d’hépatite C. La viande rouge, par exemple, peut parfois avoir un goût amer chez certaines personnes. Il est alors possible de la remplacer par du poisson, de la viande blanche ou des protéines végétales. 2

Quant aux nausées et vomissements, sachez qu’ils sont aggravés par un estomac vide, par les odeurs de cuisine, les aliments épicés ou les fritures, la fumée de tabac. Mangez quand vous avez faim (des aliments qui vous attirent) et buvez beaucoup entre les repas.1,2

En cas de diarrhée, le riz, la semoule, les bananes ou la purée peuvent être utiles. Buvez beaucoup et détendez-vous en mangeant.1 Les nausées, vomissements et diarrhées peuvent parfois être des effets indésirables liés aux traitements.1,2

Enfin de petites astuces peuvent vous être utiles pour prendre soin de votre alimentation malgré la fatigue. Organisez-vous pour cuisiner quand vous êtes en forme, préparez des plats sains, en grande quantité, pour en congeler. Ayez en réserve des collations facile à servir, et enfin, n’hésitez pas à demander à vos proches de cuisiner pour vous. 2

Il est possible que votre état de santé fasse que vous présentiez un risque nutritionnel. Il peut s’agir d’un risque de carences ou de complications nécessitant des mesures particulières. Votre médecin vous conseillera peut-être de consulter un nutritionniste ou un diététicien. Des conseils spécifiques et personnalisés vous seront alors utiles afin de protéger votre foie.1

SOURCES :

  1. Hépatite C : Soins nutritionnels – Lignes directrices canadiennes pour les intervenants de la santé – Les diététistes du Canada
  2. Les hépatites virales chroniques et la nutrition (L’alimentation au secours du foie) – Arcat-Groupe SOS
  3. Equilibrer son alimentation – Hépatite Info Service

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