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DOSSIER : Prise en charge de la maladie de Parkinson

Apparition des complications motrices

Au cours des premières années de la maladie, l’administration d’un traitement oral de première intention sous forme de comprimés permet le contrôle des symptômes parkinsoniens car les quantités de dopamine dans l’organisme sont maintenues à un niveau stable.

Lorsque la concentration de dopamine dans l’organisme du patient est suffisante, on dit qu’il est en « Phase ON » avec une bonne maîtrise des symptômes moteurs.

Avec l’évolution de la maladie et la disparition des neurones dopaminergiques, la quantité de dopamine stockée par l’organisme diminue. A cela s’ajoute une diminution de l’assimilation des médicaments en lien avec l’évolution de la maladie. La maîtrise des symptômes devient plus difficile : les complications motrices apparaissent.1,2 Il s’agit des fluctuations motrices et des dyskinésies.

Les fluctuations motrices ou « effet ON/OFF » se caractérisent pas l’alternance de phases de bonne mobilité (phases « ON ») et de périodes de blocages ou de mobilité réduite (phases « OFF »). Ces fluctuations sont le signe que le patient n’est plus bien équilibré par le traitement:

  • Les blocages ou phases « OFF » correspondent à un manque de dopamine, la conséquence est la difficulté à amorcer les mouvements volontaires. 3
  • Les phases « ON » correspondent à une quantité de dopamine optimale dans l’organisme.

Les dyskinésies apparaissent lorsqu’il y a un excès de dopamine dans l’organisme et se caractérisent par l’apparition de mouvements incontrôlés involontaires, d’amplitude variable et pouvant toucher différentes parties du corps (bras, jambe, tête).4

La tenue d’un journal peut être utile pour suivre l’évolution de ces complications et ainsi adapter le traitement.

Dans certains cas apparaissent des fluctuations non motrices. Il peut s’agir de :

  • Fluctuations dysautonomiques5,6,7 : accès de sueur, envie pressante d’uriner, bouffées de chaleur, essoufflement ou douleur dans la poitrine.

  • Fluctuations cognitives : ralentissement intellectuel, accès d’anxiété ou de tristesse, angoisse, accès de somnolence qui surviennent essentiellement en « phase OFF » et qui peuvent contraster avec une euphorie en « phase ON ».

  • Fluctuations sensitivo-douloureuses : ce sont des sensations d’étau ou de brûlure, de fourmillements ou de douleurs diffuses musculaires ou articulaires qui surviennent surtout en « phase OFF ».

Les fluctuations, qu’elles soient motrices ou non, peuvent avoir un fort impact sur la qualité de vie du malade et de son entourage. Il convient, lorsque ces fluctuations sont dopa-dépendantes, d’optimiser le traitement médicamenteux pour prolonger son efficacité (augmentation du nombre de prises, formes à libération prolongée, association de plusieurs classes de traitements) conformément aux recommandations.5

Références

  1. LeWitt PA. Levodopa Therapy for Parkinson’s Disease: Pharmacokinetics and Pharmacodynamics. Mov Disord 2015 ; 30 : 64-72.
  2. Stocchi F, Tagliati M, Olanow C. Treatment of levodopa-induced motor complications. Movement Disorders. 2008;23(S3):S599-S612.
  3. Poewe W, Antonini A, Chaudhuri K R, Rodriguez-Oroz M C. Beyond Motor Symptom Wearing-off in Parkinson’s Disease – What Have We Learned? European Neurological Review. 2019 ; 14(Suppl.3):2-12
  4. Parkinson’s Foundation. https://www.parkinson.org/Understanding-Parkinsons/Symptoms/Movement-Systoms/Dyskinesia. (Consulté le 29/05/2020) 
  5. HAS. Guide du parcours de soins Maladie de Parkinson. Septembre 2016
  6. Defebvre L, Vérin M. La maladie de Parkinson. Éd. Elsevier Masson 2015.
  7. Vanderheyden JE, Bouilliez DJ. Traiter le Parkinson. Éd. De Boeck 2010.

FR-NEUR-200011-06/2020

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