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DOSSIER : Prise en charge globale

Prise en charge globale de l’uvéite

Parcours de soins du patient atteint d’une uvéite

L’uvéite correspond à une inflammation de l’uvée comprenant l’iris, le corps ciliaire et la choroïde (membrane intermédiaire de l’oeil entre la rétine et la membrane externe qui a pour rôle d’apporter le sang à l’oeil)1. L’uvéite n’est pas une maladie rare, elle peut être associée à près d’une centaine d’affections distinctes dont la recherche des causes représente un défi. De ce fait, les professionnels de santé suivants peuvent être impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’uvéite : généraliste, ophtalmologue, rhumatologue, interniste, infectiologue 2-4.

Dans les pays occidentaux, un quart des uvéites sont liées à une maladie ophtalmologique, un quart sont dues à une maladie systémique (maladie touchant plusieurs organes), un quart à une maladie systémique présumée, tandis que le dernier quart demeure d’origine indéterminée 3. Pour en savoir plus sur les maladies systémiques pouvant être liées à l’uvéite, vous pouvez consulter l’article sur l’uvéite.

La prise en charge non médicamenteuse de l’uvéite varie en fonction de la pathologie sous‐jacente à laquelle elle est associée.

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Traitements médicamenteux de l’uvéite 2

L’analyse clinique d’une uvéite ne se résume pas à l’examen de l’œil. Pour la recherche de la cause d’une uvéite, une analyse détaillée des caractéristiques de l’inflammation oculaire sera réalisée, mais d’autres éléments sont tout autant essentiels : l’âge du patient, ses antécédents médicaux et les éventuelles manifestations générales associées à l’inflammation oculaire 4.

La prise en charge de l’uvéite repose désormais sur une stratégie ciblée, basée sur des techniques innovantes de biologie moléculaire et d’immunologie, se voulant les plus adaptées à chaque type d’inflammation oculaire. L’établissement du diagnostic doit être rapide afin d’initier un traitement adapté au cas par cas réduisant ainsi le risque de récidive et de survenue de complications parfois définitives et cécitantes 2.

Un traitement antimicrobien doit être mis en œuvre dès qu’une infection est suspectée.
Pour limiter les complications potentiellement dangereuses pour la vue, un bon contrôle de l’inflammation dans la phase aiguë est nécessaire 5. Le traitement local ou par voie générale, à base de corticoïdes ou d’immunosuppresseurs, sera choisi en fonction de la sévérité de l’uvéite et du diagnostic étiologique 6.


Les corticoïdes sont des molécules dérivées du cholestérol, ayant une activité anti-inflammatoire et immunosuppressive (diminution de l’activité du système de défense de l’organisme) pouvant être administrés sous forme locale, intraoculaire ou systémique (par voie orale ou par voie intraveineuse) 1. La voie d’administration dépend du type d’uvéite, du fait qu’un œil ou les deux soient touchés, de l’association avec des atteintes extra-oculaires et de la sévérité de l’inflammation.


Les traitements de fond sont des médicaments qui permettent de bloquer ou de ralentir l’évolution de la maladie. Il en existe plusieurs types, chacun présentant un mécanisme d’action différent, ce sont des traitements au long cours. Les bénéfices ne se mesurent souvent qu’après quelques semaines. Certains traitements de fond sont dits conventionnels et sont des molécules chimiques, mais il existe d’autres types de traitement. 4,7

Chez les patients atteints d’une maladie systémique associée à l’uvéite, le traitement de la maladie systémique peut ou non être suffisant pour contrôler l’uvéite. Cependant, il est difficile de prévoir le moment de la rémission de la maladie : la maladie peut rester au repos pendant le traitement, mais rechuter dès l’arrêt du traitement. Malgré tous les efforts déployés, il n’existe aucun moyen de différencier la phase de repos de la maladie induite par le traitement de la phase de rémission, de sorte que l’arrêt lent du traitement, accompagné d’une observation attentive permettant de détecter rapidement le retour de tout signe d’inflammation, est la seule stratégie de gestion clinique actuellement disponible1.

La survenue d’éventuelles complications graves des corticoïdes invite à recourir le plus précocement possible aux immunosuppresseurs.

Sources :

  1. de Smet MD et al. Understanding uveitis : the impact of research on visual outcomes. Prog Retin Eye Res. 2011;30(6):452-70
  2. Bodaghi B et al. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des uvéites. Bull Acad Natl Med (2019) 203, 215-22
  3. Sève P et al. Prise en charge diagnostique des uvéites : recommandations d’un groupe d’experts. La Revue de
    Médecine Interne
    . 2018; 39(9): 676-86
  4. Brézin AP. Sémiologie et classification des uvéites (chapitre 5) & Principe thérapeutiques (chapitre 51). SFO. Les uvéites. Masson ed. 2010
  5. Rossi DC et al. Treatment of chronic non-infectious uveitis and scleritis. Swiss Med Wkly. 2019. 149
  6. Le Thi Huong D et al. Traitement des uvéites chroniques non infectieuses. La Revue de médecine interne 28 (2007) 232–41
  7. Traitement de fond, traitement symptomatique : définition. https://public.larhumatologie.fr/traitement-de-fond-traitement-symptomatique-definition. (consulté le 24/11/2020)

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