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DOSSIER : Prise en charge globale

Prise en charge globale de la spondyloarthrite axiale

En cas de suspicion de spondyloarthrite, les examens radiologiques et biologiques sont prescrits par le médecin, qu’il soit ou non spécialisé.

Un avis spécialisé en rhumatologie ou en médecine interne est nécessaire pour valider le diagnostic de spondyloarthrite et pour adapter le traitement.1

Parcours de soins du patient atteint d’une spondyloarthrite axiale

Les professionnels de santé suivants peuvent être impliqués dans la prise en charge des patients atteints de spondyloarthrite : généraliste, rhumatologue, dermatologue, interniste, biologiste, radiologue, avec le concours d’autres spécialistes et de professionnels paramédicaux et sociaux, notamment : gastro-entérologue, ophtalmologiste, médecin de médecine physique et réadaptation, chirurgien orthopédiste, ergothérapeute, kinésithérapeute, infirmière, pédicure-podologue, assistant social.1,2

Prise en charge non médicamenteuse de la spondyloarthrite axiale

La prise en charge de la spondyloarthrite axiale doit être une démarche globale : médicamenteuse, physique, éducative et chirurgicale, complétée par des mesures sociales et professionnelles.1

Conseils diététiques et hygiène de vie

Les conseils hygiéno-diététiques sont les mesures à prendre au quotidien pour vivre au mieux avec une spondyloarthrite axiale.

Conseils généraux1-3

Arrêter de fumer.
Le tabagisme est responsable d’une apparition plus précoce de rachialgies (douleur au niveau de la colonne vertébrale), d’une plus grande activité de la maladie, d’un moins bon état fonctionnel, d’une moins bonne qualité de vie, d’une fréquence plus élevée d’inflammation sacro-iliaque (articulations des os du bassin) et rachidienne (colonne vertébrale) et de lésions des articulations. L’arrêt du tabac fait donc partie intégrante du traitement de la maladie. Une aide médicale au sevrage peut être proposée3.

A lire aussi : Arrêt du tabac et maladie inflammatoire chronique

Manger équilibré.
L’alimentation n’influe pas sur la maladie. Il n’est donc pas nécessaire d’imposer un régime particulier. Toutefois, il convient d’adopter une alimentation équilibrée de façon à4 :

  • réduire le risque cardiovasculaire, plus élevé en cas de maladie inflammatoire comme la spondyloarthrite ankylosante
  • prévenir la déminéralisation osseuse (ostéoporose) plus fréquente également
  • limiter la prise de poids, pour éviter une surcharge pondérale néfaste pour les articulations et la colonne vertébrale
  • respecter les recommandations alimentaires éventuelles liées aux traitements médicamenteux.

A lire aussi : Spondyloarthrite : quelle alimentation ?

Bouger plus.1,2,4
Les activités physiques et sportives sont encouragées. Elles doivent être compatibles avec l’état général et physique. Votre médecin vous conseille sur la pratique de certaines activités sportives adaptées à votre âge. Par exemple, la natation peut contribuer à prévenir l’enraidissement et les déformations.

A lire aussi : Activité physique et spondyloarthrite

Éducation thérapeutique1-5

Être informé sur la maladie et les traitements favorise l’autonomie et le bon respect des prescriptions. L’éducation thérapeutique permet de mieux vivre avec sa maladie, car elle donne les moyens de participer activement à la prise en charge. L’éducation thérapeutique est complémentaire de la prise en charge médicale, réalisée si possible par une équipe pluridisciplinaire en accord avec le médecin spécialisé en rhumatologie et le médecin traitant.

Traitements physiques

Les traitements physiques sont complémentaires des traitements médicamenteux ou chirurgicaux et ne s’y substituent pas. Ils font appel aux techniques de rééducation et de réadaptation : kinésithérapie, ergothérapie, pédicurie-podologie et appareillage.1

Leurs principaux objectifs sont :

  • l’entretien ou la récupération de la mobilité
  • la prévention ou le traitement des déformations
  • l’entretien des performances musculaires et de la capacité respiratoire
  • l’entretien de la forme physique générale
  • la lutte contre la douleur
  • l’adaptation fonctionnelle à l’évolution d’un éventuel handicap.

Dispositifs médicaux1,2

Les orthèses et semelles orthopédiques, les attelles, les chaussures orthopédiques, les aides techniques, les aides mécaniques (cannes, béquilles, déambulateur) seront utilisées dès que nécessaire. Ainsi, si un handicap apparaît, des aides à la vie quotidienne peuvent vous être proposées. L’ergothérapeute vous oriente dans le choix des aides techniques ou d’appareillage. Il vous informe sur les possibilités d’aménagement du domicile (accessibilité de la cuisine, des sanitaires, de la salle de bain), sur l’adaptation des moyens de déplacement, et l’aménagement du poste de travail.

Prise en charge psychologique 1,5

Être soutenu.
La prise en charge médicale doit prendre en compte les effets psychologiques de la maladie. L’intervention d’un psychologue ou d’un psychiatre peut être conseillée par le médecin traitant ou le spécialiste.1

Accompagnement1

Être aidé.
La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a pour mission d’informer, d’orienter, d’évaluer les besoins et, si nécessaire, d’ouvrir droit à des aides et prestations individualisées.

Une assistante sociale peut aider à faire les démarches. Le médecin du travail et le médecin scolaire sont également des acteurs-clés de l’accompagnement.

Il existe des associations de malades dédiées à la spondyloarthrite qui peuvent aider par l’écoute, l’information et l’échange d’expérience avec d’autres malades.

A lire aussi : Associations de patients et sociétés savantes sur les rhumatismes inflammatoires chroniques

Traitements médicamenteux de la spondyloarthrite axiale1,5,6

Les traitements actuels ne permettent pas de guérir la spondyloarthrite axiale, mais ils luttent contre la douleur, l’inflammation, l’enraidissement et la fatigue. Ils favorisent les périodes de rémission (atténuation ou disparition momentanée des symptômes de la maladie), améliorent la qualité de vie en limitant la perte de mobilité, et contribuent à préserver le dos ou les articulations atteintes. Le traitement médicamenteux comporte1,5,6 :

  • des anti-inflammatoires et des antalgiques pour lutter contre l’inflammation et la douleur
  • en association éventuelle à un ou plusieurs traitements de fond pour modérer l’activité de la maladie
  • parfois, des infiltrations à visée anti-inflammatoire des articulations douloureuses
  • les traitements des éventuelles maladies associées (œil, peau, intestin).
organigramme traitement rhumatisme psoriasique et spondyloarthrite

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ou AINS) sont des traitements qui combattent l’inflammation (non stéroïdien = non corticoïde).

Les infiltrations sont des injections faites de façon à délivrer la substance médicamenteuse (anti-inflammatoire, etc.) directement dans la région traitée.7

Les traitements de fond sont des médicaments qui permettent de bloquer ou de ralentir l’évolution de la maladie. Il en existe plusieurs types, chacun présentant un mécanisme d’action différent, et se prennent au long cours. Les bénéfices ne se mesurent souvent qu’après quelques semaines. Certains traitements de fond sont dits conventionnels et sont des molécules chimiques, d’autres sont des biomédicaments.

Le méthotrexate, est le traitement de fond de référence de la spondyloarthrite. Son mécanisme d’action repose sur une réduction de l’hyperactivité du système immunitaire (système de défense de l’organisme contre les « intrus : virus, bactéries,..) et des réactions inflammatoires. Le méthotrexate se prend une fois par semaine par voie orale5.

Les biomédicaments, ou biothérapies, sont fabriqués par des organismes vivants comme des bactéries ou d’autres cellules, et administrés par voie injectable. Il s’agit de traitements de fond utilisés dans les formes sévères de la maladie, en échec aux traitements de fond conventionnels. Les biothérapies interviennent de manière ciblée sur certains processus immunitaires. Dans le cas de la spondyloarthrite, ils ont un effet anti-inflammatoire sur les articulations, les tendons, la colonne vertébrale et la peau.

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase-4 sont des médicaments qui agissent en bloquant l’action de la phosphodiestérase-4, molécule favorisant l’inflammation.8

Les anti-TNFα sont des biomédicaments qui bloquent l’action du TNFα, molécule inflammatoire produite en excès par l’organisme, et en partie responsable des lésions dans la spondyloarthrite. Sa prescription est réservée à certaines formes de spondyloarthrites sévères et qui ne répondent pas aux traitements anti-inflammatoires courants.2

L’anti-interleukine (anti IL-17) se lie à une molécule messagère du système immunitaire, l’interleukine-17. Les interleukines sont des molécules qui interviennent en effet dans l’inflammation et d’autres processus à l’origine des lésions de la spondyloarthrite. Leur blocage permet de réduire l’activité du système immunitaire.5

Les interventions chirurgicales sont indiquées dans certains cas, si une grosse articulation est sévèrement atteinte par la spondyloarthrite axiale (ex. : mise en place d’une prothèse de hanche lorsque l’articulation est abîmée).9

Sources :

  1. HAS. Guide Affection de Longue Durée. Spondyloarthrite grave, 2008
  2. HAS. Guide Affection de Longue Durée. La prise en charge de votre spondyloarthrite – Vivre avec une spondylarthrite. 2008
  3. AlloDocteur. Le tabac aggrave les maladies rhumatismales. https://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-le-tabac-aggrave-les-maladies-rhumatismales_6202.html. Consulté le11/03/2020
  4. AMELI. Vivre avec une spondylarthrite ankylosante. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/spondylarthrite-ankylosante/vie-quotidien. Consulté le 04/03/2020
  5. Wendling D et al. Actualisation 2018 des recommandations de la Société Française de Rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondyloarthrite. Revue du rhumatisme. 2018.
  6. Vidal Recos. Spondylarthrite ankylosante. https://www.vidal.fr/recommandations/imprimer/1777/spondylarthrite_ankylosante/. Consulté le 04/03/2020
  7. Dictionnaire de français. Larousse. Consulté le 01/04/2020
  8. Zufferey P. Nouveaux traitements biologiques et synthétiques de fond pour les spondylarthropathies. Rev Med Suisse 2016 ; 12 : 512-6
  9. AMELI. Le traitement de la spondylarthrite ankylosante. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/spondylarthrite-ankylosante/traitement-medical. Consulté le 04/03/2020

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