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DOSSIER : Prise en charge globale

Prise en charge globale du rhumatisme psoriasique

Le rhumatisme psoriasique est un rhumatisme inflammatoire chronique qui se traduit par des douleurs, des gonflements et des raideurs articulaires. Même s’il est plus fréquent chez les personnes souffrant de psoriasis, 20 % des personnes atteintes de rhumatisme psoriasique ne présentent pas cette maladie de la peau1.

Évoluant par poussées, parfois séparées de longues périodes d’accalmie, le rhumatisme psoriasique passe parfois inaperçu, voire est confondu avec une autre forme de rhumatisme chronique comme la spondyloarthrite.1

Parcours de soins du patient atteint d’un rhumatisme psoriasique

Les professionnels de santé suivants peuvent être impliqués dans la prise en charge des patients atteints de rhumatisme psoriasique : généraliste, rhumatologue, dermatologue, interniste, biologiste, radiologue, avec le concours d’autres spécialistes et de professionnels paramédicaux et sociaux, notamment : gastro-entérologue, ophtalmologiste, médecin de médecine physique et réadaptation, chirurgien orthopédiste, ergothérapeute, kinésithérapeute, infirmière, pédicure-podologue, assistant social.2,3

Prise en charge non médicamenteuse du rhumatisme psoriasique

Le traitement du rhumatisme psoriasique repose sur la prescription de médicaments, mais également sur des appareillages orthopédiques, de la rééducation fonctionnelle, de l’activité physique adaptée et, éventuellement des interventions chirurgicales1.

Conseils diététiques et hygiène de vie1-5

Conseils généraux

Arrêter de fumer.
Le tabagisme est responsable d’une apparition plus précoce de rachialgies (douleur au niveau de la colonne vertébrale), d’une plus grande activité de la maladie, d’un moins bon état fonctionnel, d’une moins bonne qualité de vie, d’une fréquence plus élevée d’inflammation sacro-iliaque (articulations des os du bassin) et rachidienne (colonne vertébrale) et de lésions des articulations. L’arrêt du tabac fait donc partie intégrante du traitement de la maladie. Une aide médicale au sevrage peut être proposée.3,4

A lire aussi : Arrêt du tabac et maladie inflammatoire chronique

Manger équilibré.
L’alimentation n’influe pas sur la maladie. Il n’est donc pas nécessaire d’imposer un régime particulier. Toutefois, il convient d’adopter une alimentation équilibrée de façon à2,3 :

  • réduire le risque cardiovasculaire, plus élevé en cas de maladie inflammatoire comme le rhumatisme psoriasique
  • prévenir la déminéralisation osseuse (ostéoporose) plus fréquente également
  • limiter la prise de poids, pour éviter une surcharge pondérale néfaste pour les articulations
  • respecter les recommandations alimentaires éventuelles liées aux traitements médicamenteux.

Prévenir l’obésité.
Chez les patients atteints de rhumatisme psoriasique, une perte de poids est associée à des effets positifs significatifs sur la maladie, les articulations, les enthèses (zone d’un os où s’insère un tendon ou un ligament) et la peau.6,7

A lire aussi : Rhumatisme psoriasique : quelle alimentation ?

Bouger plus.
Une pratique régulière d’une activité physique ou sportive adaptée est recommandée pour prévenir les complications du rhumatisme psoriasique. Les sports qui ne sollicitent pas trop les articulations du bassin et des jambes sont particulièrement indiqués : natation et vélo. Mais plusieurs fédérations sportives ont également développé des formes adaptées de leur discipline, plus douces sur ces articulations. C’est le cas, par exemple, des fédérations de volley-ball et de basket-ball.1

A lire aussi : Activité physique et rhumatisme psoriasique

Éducation thérapeutique2

Être informé sur la maladie et les traitements favorise l’autonomie et le bon respect des prescriptions. L’éducation thérapeutique permet de mieux vivre avec sa maladie, car elle donne les moyens de participer activement à la prise en charge. Cette information peut être réalisée par tous les professionnels de la santé, en premier lieu par le médecin traitant.

Traitements physiques

Les traitements physiques sont complémentaires des traitements médicamenteux ou chirurgicaux et ne s’y substituent pas. Ils font appel aux techniques de rééducation et de réadaptation : kinésithérapie, ergothérapie, pédicurie-podologie et appareillage.2,3

Leurs principaux objectifs sont :

  • l’entretien ou la récupération de la mobilité
  • la prévention ou le traitement des déformations
  • l’entretien des performances musculaires et de la capacité respiratoire
  • l’entretien de la forme physique générale
  • la lutte contre la douleur
  • l’adaptation fonctionnelle à l’évolution d’un éventuel handicap.

Dispositifs médicaux1-3

Les orthèses et semelles orthopédiques, les attelles, les chaussures orthopédiques, les aides techniques, les aides mécaniques (cannes, béquilles, déambulateur) seront utilisées dès que nécessaire. Ainsi, si un handicap apparaît, des aides à la vie quotidienne peuvent vous être proposées. L’ergothérapeute vous oriente dans le choix des aides techniques ou d’appareillage. Il vous informe sur les possibilités d’aménagement du domicile (accessibilité de la cuisine, des sanitaires, de la salle de bain), sur l’adaptation des moyens de déplacement, et l’aménagement du poste de travail.

Prise en charge psychologique

Être soutenu.
La prise en charge médicale doit prendre en compte les effets psychologiques de la maladie. L’intervention d’un psychologue ou d’un psychiatre peut être conseillée par le médecin traitant ou le spécialiste.2,3,5

Accompagnement2

Être aidé.
La MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) a pour mission d’informer, d’orienter, d’évaluer les besoins et si nécessaire d’ouvrir droit à des aides et prestations individualisées.

Une assistante sociale peut aider à faire les démarches. Le médecin du travail et le médecin scolaire sont également des acteurs importants dans ces moments-là.

Il existe des associations de malades dédiées au psoriasis et aux spondyloarthrites qui peuvent aider par l’écoute, l’information et l’échange d’expérience avec d’autres malades.2

A lire aussi :

Traitements médicamenteux du rhumatisme psoriasique1-11

Le rhumatisme psoriasique ne guérit pas. Les médicaments prescrits contre le rhumatisme psoriasique visent à soulager la douleur et prévenir les dommages articulaires, en diminuant l’inflammation locale. Ils contribuent également à limiter la perte de mobilité articulaire.1,5

On distingue différentes formes de rhumatisme psoriasique1 :

  • la forme dite « axiale », qui touche la colonne vertébrale, les articulations du thorax et celles qui joignent le bassin et les vertèbres lombaires (articulations sacro-iliaques)
  • la forme dite « articulaire périphérique », qui touche les genoux, les hanches, les épaules, les doigts ou les orteils ; c’est la forme la plus fréquente
  • la forme dite « atteinte des enthèses », qui touche les talons et les coudes. Les enthèses sont les attaches des tendons et des ligaments sur les os
organigramme traitement du rhumatisme psoriasique

Les anti-inflammatoire non stéroïdiens (ou AINS) sont des traitements qui combattent l’inflammation (non stéroïdien = non corticoïde).

Les infiltrations sont des injections qui permettent de répartir la substance médicamenteuse (anti-inflammatoire etc.) directement dans la région traitée.7

Les traitements de fond sont des médicaments qui permettent de bloquer ou de ralentir l’évolution de la maladie. Il en existe plusieurs types, chacun présentant un mécanisme d’action différent, et se prennent au long cours. Les bénéfices ne se mesurent souvent qu’après quelques semaines. Certains traitement de fond sont dits conventionnels et sont des molécules chimiques, d’autres sont des biomédicaments.

Le méthotrexate, est le traitement de fond de référence. Son mécanisme d’action repose sur une réduction de l’hyperactivité du système immunitaire (système de défense de l’organisme contre les « intrus : virus, bactéries..) et des réactions inflammatoires. Le méthotrexate se prend une fois par semaine par voie orale.5

Les biomédicaments, ou biothérapies, sont des traitements fabriqués par des organismes vivants comme des bactéries ou d’autres cellules, et administrés par voie injectable. Il s’agit de traitements de fond utilisés dans les formes sévères de la maladie, lorsque les traitements de fond conventionnels sont inefficaces. Les biothérapies interviennent sur certains processus immunitaires. Dans le cas de rhumatisme psoriasique, ils ont un effet anti-inflammatoire sur les articulations, les tendons, la colonne vertébrale et la peau.

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase-4 sont des médicaments qui agissent en bloquant l’action de la phosphodiestérase-4, molécule favorisant l’inflammation.9

Les anti-TNFα sont des biomédicaments qui bloquent l’action du TNFα, molécule inflammatoire produite en excès par l’organisme, et en partie responsable des lésions dans la spondyloarthrite. Cette nouvelle classe de traitement de fond lutte contre l’inflammation, la douleur, l’enraidissement et la fatigue en agissant sur le système immunitaire.3

L’anti-Interleukine (anti-IL17) se lie à une molécule messagère du système immunitaire, l’interleukine-17. Cette molécule intervient en effet dans l’inflammation et d’autres processus à l’origine des lésions du rhumatisme psoriasique. Son blocage permet de réduire l’activité du système immunitaire.5

Sources :

  1. EurekaSanté. Le rhumatisme psoriasique. https://eurekasante.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/rhumatisme-psoriasique.html. Consulté le 04/03/2020
  2. HAS. Guide Affection de Longue Durée. Spondyloarthrite grave, 2008
  3. HAS. Guide Affection de Longue Durée. La prise en charge de votre spondylarthrite – Vivre avec une spondylarthrite. 2008
  4. AlloDocteur. Le tabac aggrave les maladies rhumatismales. https://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-le-tabac-aggrave-les-maladies-rhumatismales_6202.html. Consulté le11/03/2020
  5. Wendling D et al. Actualisation 2018 des recommandations de la Société Française de Rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondyloarthrite. Revue du rhumatisme. 2018.
  6. Klingberg E et al. Weight loss improves disease activity in patients with psoriatic arthritis and obesity: an interventional study. Arthritis Res Ther. 2019 . 11;21(1):1
  7. Dictionnaire de français. Larousse. Consulté le 03/04/2020
  8. La ligue suisse contre le rhumatisme. https://www.ligues-rhumatisme.ch/rhumatismes-de-a-a-z/arthrite-psoriasique. Consulté le 16/03/2020
  9. Zufferey P. Nouveaux traitements biologiques et synthétiques de fond pour les spondylarthropathies. Rev Med Suisse. 2016 ; 12 : 512-6
  10. Vidal Recos. Spondylarthrite ankylosante. https://www.vidal.fr/recommandations/imprimer/1777/spondylarthrite_ankylosante/. Consulté le 04/03/2020
  11. Berner J, Zufferey P. Rhumatisme psoriasique. Rev Med Suisse. 2015 ; 11 : 139-42

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