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DOSSIER : Prise en charge globale

Prise en charge globale de la rectocolite hémorragique

La rectocolite hémorragique, ou RCH, est une maladie inflammatoire chronique qui atteint le rectum et parfois de façon continue tout ou partie du côlon (gros intestin). C’est une maladie chronique au cours de laquelle alternent périodes de poussées et de rémission.1

Une bonne prise en charge de la rectocolite hémorragique permet de mener une vie normale ou proche de la normale (scolarité ou vie professionnelle, loisirs, vie sexuelle…). Cependant, les poussées peuvent occasionner des difficultés au quotidien.1

La prise en charge de la rectocolite hémorragique a pour objectifs de2 :

  • Traiter les poussées et prévenir les rechutes
  • Prévenir, détecter et traiter précocement les complications de la maladie et des traitements
  • Assurer la prise en charge psychologique
  • Contribuer à l’éducation du patient et, le cas échéant, de ses proches
  • Améliorer la qualité de vie

Parcours de soins du patient atteint d’une rectocolite hémorragique

Le médecin traitant coordonne le bilan initial avec un médecin hépato-gastro-entérologue.

La prise en charge globale de la RCH peut faire intervenir divers soignants, notamment médecins, infirmiers, diététiciens. Selon les circonstances, d’autres professionnels de santé peuvent intervenir : médecin scolaire, médecin du travail, psychologue, psychiatre, etc.

En cas de poussée aiguë, une hospitalisation peut être nécessaire pour ajuster le traitement dans les meilleures conditions.

Prise en charge non médicamenteuse de la rectocolite hémorragique

Conseils diététiques et hygiène de vie

Les conseils hygiéno-diététiques sont les mesures à prendre au quotidien pour vivre au mieux avec la rectocolite hémorragique.

Conseils généraux1-6

Arrêter de fumer.
Une aide médicale au sevrage peut être proposée.

A lire aussi : Arrêt du tabac et maladie inflammatoire chronique

Manger équilibré.
L’alimentation ne déclenche pas l’inflammation de l’intestin, ni ne l’aggrave. En général la rectocolite hémorragique ne nécessite donc aucun régime. Cependant, l’alimentation peut transitoirement accentuer les symptômes1,4 :

  • en période de poussée, un régime sans fibres (sans fruits, ni légumes ni crudités) peut être nécessaire afin de limiter les symptômes digestifs (diarrhée, douleurs, ballonnement)
  • puis, quand la rémission s’installe, il est préférable de revenir très progressivement à une alimentation équilibrée
  • en rémission, il n’y a pas lieu de faire un régime particulier. Il est même important d’avoir une alimentation la plus diversifiée et équilibrée possible, afin d’éviter les manques en vitamines ou autres nutriments essentiels.

A lire aussi : MICI, quelle alimentation ?

Bouger plus.
L’effet bénéfique de l’activité physique sur la santé a été largement démontré sur la santé en général. Dans la rectocolite hémorragique, l’exercice peut provoquer une légère inflammation transitoire et augmenter les symptômes intestinaux. Mais une activité physique régulière et bien adaptée reste très bénéfique. Au moment des poussées, la fatigue est fréquente et les troubles digestifs ne permettent pas la poursuite d’un sport ; il faut alors arrêter temporairement. En phase de rémission, la reprise doit être progressive en privilégiant d’abord les activités douces (marche, natation, vélo à petite vitesse) puis des sports plus intenses (tennis, sport collectif) peuvent être repris.2,6

A lire aussi : Activité physique et MICI

Éducation thérapeutique 1

Être informé.
L’éducation thérapeutique permet de mieux vivre avec la maladie, en donnant les moyens de participer activement à sa prise en charge. Elle comprend une information sur :

  • La maladie, ses conséquences et ses traitements
  • La façon de faire face aux poussées
  • L’hygiène de vie et l’organisation de la vie quotidienne1

En aidant à prendre conscience des bénéfices du traitement, à reconnaître d’éventuels effets indésirables et en enseignant comment décrire au médecin l’évolution de la maladie, l’éducation thérapeutique participe à l’amélioration de la qualité de vie.1

Prise en charge psychologique 5

Être soutenu.
La prise en charge médicale de tout patient atteint d’une RCH doit prendre en compte le retentissement psychologique de la maladie. L’intervention d’un psychologue est une décision qui relève du patient, conseillé par le médecin traitant ou le spécialiste.

Accompagnement2,4

Être aidé.
La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a pour mission d’informer, d’orienter, d’évaluer les besoins et, si nécessaire, d’ouvrir droit à des aides et prestations individualisées.

Une assistante sociale peut aider à faire les démarches. Le médecin du travail et le médecin scolaire sont également des acteurs-clés de l’accompagnement.

Il existe des associations de malades dédiées à la rectocolite hémorragique qui peuvent aider par l’écoute, l’information et l’échange d’expérience avec d’autres personnes atteintes.4

A lire aussi : Associations de patients et sociétés savantes sur les MICI

Traitements médicamenteux de la rectocolite hémorragique

Les médicaments actuels ne permettent pas de guérir. Le traitement a deux objectifs1 :

  • Traiter les poussées de la maladie : douleurs abdominales, diarrhée, etc., c’est le traitement d’attaque
  • Prévenir les rechutes et les complications : c’est le traitement d’entretien, à prendre de façon régulière
Traitements médicamenteux de la rectocolite hémorragique

Un traitement d’induction de la rémission est un traitement qui entraine une phase de rémission c’est-à-dire une atténuation ou une disparition momentanée des symptômes. On l’appelle aussi traitement d’attaque; il s’agit d’un traitement de courte durée, destiné à obtenir un effet rapide, 2

Un traitement d’entretien est un traitement qui s’inscrit dans la durée et qui est destiné à conserver le bénéfice d’un traitement d’attaque.

Un produit est dit immunosuppresseur lorsqu’il diminue les réactions de défense de l’organisme contre les « intrus » (virus, bactéries…).7-10

Les aminosalicylés sont des médicaments pris par voie rectale ou orale. Ils ont un effet anti-inflammatoire sur les muqueuses intestinales (membrane tapissant la totalité du tube digestif de la bouche à l’anus) ce qui permet de traiter les poussées et de prévenir les rechutes.2,10

Les corticoïdes sont des molécules dérivées du cholestérol, ayant une activité anti-inflammatoire et immunosuppressive. Les corticoïdes sont prescrits selon les besoins7,8,11 :

  • sous forme injectable
  • par voie orale sous forme de comprimés
  • localement sous forme de lavements ou de mousse rectale.

Les thiopurines sont des traitements immunosuppresseurs principalement indiqués dans le traitement d’entretien.

Les biomédicaments, ou biothérapies, sont des traitements fabriqués par des organismes vivants comme des bactéries ou d’autres cellules. Ils font appel à des technologies pointues et représentent une véritable avancée dans le traitement de nombreuses maladies graves, pour lesquelles on ne disposait pas de traitement satisfaisant.8

Les anti-TNFα sont des biomédicaments qui bloquent l’action d’une molécule inflammatoire, appelée TNFα, produite en excès par l’organisme dans la RCH, et en partie responsable des lésions intestinales. Cette action permet une diminution de l’inflammation des tissus.7

L’anti-intégrine agit en bloquant l’intégrine, qui est une molécule permettant l’acheminement de cellules de l’immunité – les lymphocytes – au niveau des tissus inflammatoires du tube digestif au cours de la RCH. Lors de cette maladie, le recrutement de ces cellules est anormalement élevé ce qui amplifie et perpétue l’inflammation intestinale.7

Les interleukines sont des molécules qui interviennent dans l’inflammation. En bloquant ces interleukines, les anti-interleukines réduisent l’activité du système immunitaire.7

Les JAK inhibiteurs. La JAK est une enzyme, c’est-à-dire une molécule dont le rôle est de faciliter une réaction chimique dans une cellule. On la retrouve à l’intérieur des cellules impliquées dans la réaction inflammatoire. Les JAK inhibiteurs empêchent l’enzyme JAK d’agir (ou du moins diminuent son activité), et par conséquent, exercent une action anti-inflammatoire Un JAK inhibiteur est un traitement de fond, c’est-à-dire un traitement continu.7,12

Lorsque les médicaments sont inefficaces, il est parfois nécessaire de recourir à un traitement chirurgical, qui consiste à enlever en partie ou en totalité le côlon ou le rectum.1

Sources :

  1. HAS. Guide – Affection de longue durée. La prise en charge de votre rectocolite hémorragique. Vivre avec une RCH. 2008
  2. HAS Guide – Affection de longue durée. Rectocolite hémorragique évolutive. 2008
  3. To N, Ford AC, Gracie DJ. Systematic review with meta-analysis: the effect of tobacco smoking on the natural history of ulcerative colitis. Aliment Phramacol Ther. 2016;44:117-26.
  4. AMELI. Suivi médical et vie quotidienne en cas de rectocolite hémorragique. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/rectocolite-hemorragique/suivi-medical-vie-quotidienne. Consulté le 03/03/2020
  5. Levine A, Rhodes J, Lindsay J et al. Dietary Guidance for Patients with Inflammatory Bowel Disease from the International Organization for the Study of Inflammatory Bowel Disease, Clinical Gastroenterology and Hepatology .2020
  6. CREGG. Pingannaud MP. Fiches de recommandations. Sport et MICI. 2018. https://www.cregg.org/fiches-recommandations/sport-et-mici-2/. Consulté le 04/03/2020.
  7. CREGG. Les étapes du traitement médical. https://www.cregg.org/espace-patients/my-mici-book/les-etapes-du-traitement-medical/. Consulté le 05/03/2020
  8. Klotz C, Dhooge M, Oudjit A et al. Prise en charge de la maladie de Crohn. La Presse Médicale. 2015;44(Issue 4 part 1): 411-417
  9. Château T, Peyrin-Biroulet L. Les thiopurines dans les MICI : quoi de neuf ?. Rev Prat. 2019;69(8);819-23
  10. AMELI. Le traitement de la rectocolite hémorragique. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/rectocolite-hemorragique/traitement. Consulté le 10/03/2020.
  11. Dictionnaire de français. Larousse. Consulté le 05/03/2020
  12. Peyrin-Biroulet L. Les nouvelles molécules orales dans les MICI. FMC Gastro. 2018. https://www.fmcgastro.org/texte-postu/postu-2018-paris/mici-les-nouvelles-molecules-orales/ Consulté le 30/06/2020

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