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DOSSIER : Prise en charge globale

Prise en charge globale de la maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin pouvant atteindre n’importe quelle partie du tube digestif et qui s’accompagne parfois de manifestations extra-intestinales (articulaires, cutanées, oculaires…). C’est une maladie chronique qui évolue par poussées, alternant avec des phases de rémission.

Même s’il n’existe pas encore de traitement pour guérir la maladie de Crohn, les traitements actuels permettent le plus souvent d’éliminer les symptômes sur de longues périodes.

Parcours de soins du patient atteint d’une maladie de Crohn1-3

Comme le diagnostic, la prise en charge est coordonnée par le médecin traitant et un gastro-entérologue. Elle est assurée par une équipe pluridisciplinaire, dont la composition varie selon chaque cas. Le diagnostic peut être évoqué et le bilan orienté soit par le médecin traitant, soit par l’hépato-gastro-entérologue. Le diagnostic est habituellement établi en période de poussée.

La prise en charge thérapeutique a pour objectifs de :

  • Traiter les poussées et prévenir les rechutes
  • Prévenir, détecter et traiter précocement les complications liées à l’évolution de la maladie ou aux traitements
  • Assurer la prise en charge psychologique
  • Veiller à maintenir un état nutritionnel correct
  • Contribuer à l’éducation du malade et, le cas échéant, de ses proches
  • Améliorer la qualité de vie

Prise en charge non médicamenteuse de la maladie de Crohn

Conseils diététiques et hygiène de vie

Les conseils hygiéno-diététiques sont les mesures à prendre au quotidien pour vivre au mieux avec la maladie de Crohn.

Conseils généraux1,2,4-6

Arrêter de fumer.
La consommation régulière de tabac, même minime, a un rôle clairement aggravant sur l’évolution de la maladie. L’arrêt du tabac fait donc partie intégrante du traitement de la maladie. Une aide médicale au sevrage peut être proposée.

A lire aussi : Arrêt du tabac et maladie inflammatoire chronique

Manger équilibré.
L’alimentation n’influe pas sur la maladie. Il n’est donc pas nécessaire d’imposer un régime particulier : l’alimentation doit rester équilibrée.

Lors des poussées, un régime dit « d’épargne intestinale » (consommation limitée en fruits et légumes) peut être recommandé par le médecin. L’intervention d’un diététicien pourra être sollicitée pour s’assurer de la bonne couverture des besoins nutritionnels.

A lire aussi : MICI, quelle alimentation ?

Bouger plus.
L’effet bénéfique de l’activité physique sur la santé a été largement démontré sur la santé en général. Dans la maladie de Crohn, l’exercice peut provoquer une légère inflammation transitoire et augmenter les symptômes intestinaux. Mais une activité physique régulière et bien adaptée reste très bénéfique. Au moment des poussées, la fatigue est fréquente et les troubles digestifs ne permettent pas la poursuite d’un sport ; il faut alors arrêter temporairement. En phase de rémission, la reprise doit être progressive en privilégiant d’abord les activités douces (marche, natation, vélo à petite vitesse) puis des sports plus intenses (tennis, sport collectif) peuvent être repris4.

A lire aussi : Activité physique et MICI

Éducation thérapeutique1,2,4

Être informé sur la maladie et les traitements favorise l’autonomie et le bon respect des prescriptions. L’éducation thérapeutique permet de mieux vivre avec la maladie, en donnant les moyens de participer activement à sa prise en charge. Cette information peut être réalisée par tout professionnel de santé, en premier lieu par le médecin traitant.

Prise en charge psychologique1,2,5

Être soutenu.
La plupart du temps, la maladie de Crohn n’empêche pas de poursuivre une scolarité et une vie professionnelle normales, et aucun métier n’est contre-indiqué. Néanmoins, la prise en charge médicale doit prendre en compte les conséquences psychologiques de la maladie. L’intervention d’un psychologue ou d’un psychiatre peut être conseillée par le médecin traitant ou le gastro-entérologue.

Accompagnement1,2,5

Être aidé.
La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a pour mission d’informer, d’orienter, d’évaluer les besoins et, si nécessaire, d’ouvrir droit à des aides et prestations individualisées.

Une assistante sociale peut aider à effectuer les démarches. Le médecin du travail et le médecin scolaire sont également des acteurs-clés de l’accompagnement.

Il existe une association de malades spécifiquement dédiée à la maladie de Crohn qui peut aider par l’écoute, l’information et l’échange d’expérience avec d’autres malades.

A lire aussi : Associations de patients et sociétés savantes sur les MICI

Traitements médicamenteux de la maladie de Crohn

Il n’existe pas de traitement médical curatif de la maladie de Crohn. Les traitements médicamenteux de la maladie de Crohn ont pour objectifs de 3,7 :

  • Obtenir la rémission (atténuation ou disparition momentanée) des symptômes de la maladie
  • Prévenir les rechutes et les complications
  • Limiter la progression des lésions
Traitements médicamenteux de la maladie de Crohn

Un traitement d’induction de la rémission (ou traitement d’attaque des poussées) est un traitement qui entraîne une phase de rémission c’est-à-dire une atténuation ou une disparition momentanée des symptômes. On l’appelle aussi traitement d’attaque ; il s’agit d’un traitement de courte durée, destiné à obtenir un effet rapide.9

Un traitement local est un traitement qui agit à l’endroit où il est appliqué.

Un traitement d’entretien est un traitement qui s’inscrit dans la durée et qui est destiné à conserver le bénéfice d’un traitement d’attaque.

Un produit est dit immunosuppresseur lorsqu’il diminue les réactions de défense de l’organisme contre les « intrus » (virus, bactéries…).7,8,9,11.

Les aminosalicylés sont des médicaments pris par voie rectale ou orale. Ils ont un effet anti-inflammatoire sur les muqueuses intestinales (membrane tapissant la totalité du tube digestif de la bouche à l’anus) ce qui permet de traiter les poussées et de prévenir les rechutes.12

Les corticoïdes sont des molécules dérivées du cholestérol, ayant une activité anti-inflammatoire et immunosuppressive.7,9,10

Les thiopurines sont des traitements immunosuppresseurs principalement indiqués dans le traitement d’entretien.

Les biomédicaments ou biothérapies sont des traitements fabriqués par des organismes vivants comme des bactéries ou d’autres cellules. Ils font appel à des technologies pointues et sont indiqués le plus souvent dans des maladies graves. Ils sont administrés par voie injectable dans la maladie de Crohn.9

Les anti-TNFα sont des biomédicaments qui bloquent l’action d’une molécule inflammatoire, appelée TNFα, produite en excès par l’organisme dans la maladie de Crohn, et en partie responsable des lésions intestinales. Cette action permet une diminution de l’inflammation des tissus.7,9

L’anti-intégrine agit en bloquant l’intégrine qui est une molécule permettant l’acheminement de cellules de l’immunité – les lymphocytes – au niveau des tissus inflammatoires du tube digestif au cours de la maladie de Crohn. Lors de cette maladie, le recrutement de ces cellules est anormalement élevé ce qui amplifie et perpétue l’inflammation intestinale.7

L’anti-Interleukine (anti IL-12/23) se lie à deux molécules messagères du système immunitaire (interleukine-12 et interleukine-23). Ces molécules interviennent dans l’inflammation intestinale et d’autres processus à l’origine des lésions de la maladie de Crohn. En bloquant ces interleukines cela réduit l’activité du système immunitaire.7,10

Les interventions chirurgicales concernent principalement les malades chez lesquels les médicaments ne sont pas efficaces et ceux qui développent certaines complications (rétrécissement de l’intestin, etc). La chirurgie consiste principalement à enlever les zones intestinales atteintes.1

Sources :

  1. HAS. Guide Affection de Longue Durée. Maladie de Crohn. Mai 2008.
  2. HAS. Guide patient La prise en charge de votre maladie de Crohn. Vivre avec une maladie de Crohn. Mai 2008
  3. Vidal Recos. Maladie de Crohn https://www.vidal.fr/recommandations/3751/crohn_maladie_de/la_maladie/ – Mise à jour le 21/08/2020, consulté le 27/08/2020.
  4. CREGG. Pingannaud MP. Fiches de recommandations. Sport et MICI. 2018. https://www.cregg.org/fiches-recommandations/sport-et-mici-2/. Consulté le 27/08/2020.
  5. AMELI. Le suivi médical et la vie quotidienne en cas de la maladie de Crohn. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/maladie-crohn/suivi-medical-vie-quotidienne. Mise à jour le 14/11/2019. Consulté le 27/08/2020
  6. Crumbock SC, Loeb SJ, Fick DM. Physical Activity, Stress, Disease Activity, and Quality of Life in Adults With Crohn Disease. Gastroenterol Nurs. 2009 ; 32 (3): 188-95.
  7. HepatoWEB. Gros plan sur la maladie de Crohn http://hepatoweb.com/Crohn-Traitements.php. Mise à jour le 28/10/2017. Consulté le 27/08/2020
  8. INCa. Définition. https://www.e-cancer.fr/Dictionnaire/I/immunosuppresseur. Consulté le 27/08/2020.
  9. Dictionnaire de français. Larousse. Consulté le 27/08/2020
  10. Klotz C, Dhooge M, Oudjit A et al. Prise en charge de la maladie de Crohn. La Presse Médicale. 2015;44(Issue 4 part 1): 411-7
  11. Château T, Peyrin-Biroulet L. Les thiopurines dans les MICI : quoi de neuf ?. Rev Prat. 2019;69(8);819-23
  12. AMELI. Le traitement de la maladie de Crohn. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/maladie-crohn/traitement. Mise à jour le 04/06/2020. Consulté le 27/08/2020

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